EMBUSCADE TENDUE A 2 MOTOCYCLISTES ALLEMANDS
LE 17 AVRIL 1944 AU BOURG DE PLOUGONVER


Le lundi 17 avril 1944, vers 18 h

Deux FTP Georges Ollitrault et Etienne Le Nénan du maquis Tito installé dans le secteur de Peumerit-Quintin tendent une embuscade aux deux militaires allemands circulant à motocyclette en direction du bourg de Plougonver.
-1- Les FTP tirent sur la moto venant de La Chapelle-Neuve en direction du bourg de Plougonver à Kerigonan (1km du bourg), l'un des militaires est blessé, son camarade le transporte dans la maison appartenant au maire de Plougonver Jean Coantiec, et dans laquelle se trouve le maire de Gurunhuel Joseph Le Coullec de passage. Le blessé y décédera.
-2- Le militaire allemand épargné tente de téléphoner à Belle-Isle-en-Terre, mais la ligne est coupée. Le maire de Gurunhuel lui propose de l'accompagner.
-3- En sortant de la maison, les deux FTP ayant suivi à bicyclette la moto tirent une rafale de mitraillette sur le militaire allemand, qui est tué, le maire de Gurunhuel se trouvant derrière lui est blessé.

Un témoin employée du maire de Plougonver : "Vers 17 h, j'ai entendu frapper à la porte, j'ai ouvert et me suis trouvé en présence d'un militaire allemand qui m'a dit : "Madame, terroristes, terroristes". Il était blessé, un deuxième militaire allemand est arrivé pour téléphoner, mais la ligne étant coupé, le maire de Gurunhuel Joseph Le Coullec présent s'est proposé d'accompagner le militaire allemand à Belle-Isle-en-terre située à 8 km. Tous les deux sont sortis le maire suivant le militaire allemand, j'ai alors entendu une rafale d'arme automatique, je ne suis pas sorti occupée autour du blessé. Monsieur le maire de Gurunhuel Joseph Le Coullec est revenu sur ses pas, j'ai pu constater qu'il perdait du sang du haut de la cuisse gauche, il est immédiatement monté sur sa jument pour regagner son domicile. Lorsque les rafales ont cessé je suis sortie et ai vu le deuxième militaire allemand couché sur la route à une vingtaine de mètres de la maison de Monsieur le maire de Plougonver".

Un témoin raconte : "Le 17 avril 1944, vers 18 h, j'étais devant ma maison située devant le cimetière de Plougonver, avec mon enfant quand j'ai vu un militaire allemand qui passait sur la route épaulant sa mitraillette, soudain j'ai entendu une voix disant : "ramassez vous et enlevez votre gosse". Au même moment des balles ont sifflé, mais qui ne provenaient pas du soldat allemand. Effrayée je suis rentrée chez moi et ma mère a aussitôt fermé la porte, tandis que je me trouvais mal. D'autres balles ont été tirées sur la route en face de mon domicile, un instant après étant revenue à moi, de la fenêtre de ma maison j'ai remarqué le militaire en question allongé sur le dos contre la route, sa tête à proximité de l'angle de la maison située en face de la mienne".

Un autre témoin : "Vers 19 h 30 j'ai vu trois jeunes gens à Kerizoret en Plougonver sur la route de La Chapelle-Neuve montés à genoux sur un talus en possession d'armes".

(*) par la suite il sera transporté à la clinique Montbareil de Guingamp pour y être soigné.